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Myriam DIB

Article de La Voix du Nord à propos de mon expo :

Publié le 5 Février 2012 par Dib

Myriam Dib expose à Lasécu, à Lille : une artiste qui avance sans masque

samedi 07.01.2012, 05:24  - La Voix du Nord

 Paradoxalement, cette expérience égyptienne difficile a libéré l'artiste. Aujourd'hui, elle rêve d'aller au Liban. PHOTO PATRICK JAMES Paradoxalement, cette expérience égyptienne difficile a libéré l'artiste. Aujourd'hui, elle rêve d'aller au Liban. PHOTO PATRICK JAMES

|  RENCONTRE |

La Lilloise le sait, elle l'entend souvent autour d'elle, son travail dérange. Et ce n'est pas ...

 

cette nouvelle exposition, à Lasécu, qui abolira les critiques. Nul doute que certains seront remués, bousculés, gênés, notamment par le travail né d'une résidence en Égypte. Sur le grand mur blanc, à l'entrée de la pièce, elle a suspendu trois hautes silhouettes de femmes. Trois femmes en burqa, masquées par trois bouteilles de détergent, comme au-tant de tombeaux. Et quelques éléments qui, peut-être, fondent un espoir : ici un pied qui dépasse, là des mains qui s'agitent, plus loin un clin d'oeil.

Féministe, Myriam Dib ? Plutôt en proie à un malaise qui l'a saisie dès son arrivée au Caire et ne l'a plus quittée. Les insultes dans la rue parce qu'elle était habillée à l'occidentale, le métro où femmes et hommes sont séparés, l'incompréhension avec les autres femmes du workshop qui presque toutes étaient voilées, la religion qui plombait les conversations, l'impression d'être surveillée...

Myriam avait vécu cette invitation, en novembre 2010, comme une occasion de poser le pied en Afrique, que son père algérien avait quitté il y a longtemps. « Je ne m'attendais pas à ça », avoue-t-elle. D'autant qu'autour d'elle chacun s'employait à lui faire croire que tout était rigoureusement normal. Avec la suite que l'on sait : la chute de Moubarak quelques mois après son retour. « Je ne me suis pas fait un délire !

 » De cette expérience difficile, dont elle parle encore avec stupeur, elle a pourtant tiré du positif. « Je ne me rendais pas compte, avant, de la liberté qu'on a ici. » Et puis, artistiquement, l'Égypte l'a emmenée vers la couleur, qu'elle avait jusqu'alors peu utilisée.

Depuis dix ans qu'elle a choisi de ne se consacrer qu'à l'art, Myriam poursuit un travail fondé sur l'observation de l'être humain et sur la dissection des médias. Elle prend des photos, utilise celles des journaux, et fait de cette matière souvent sombre (Roms, migrants en transit, pères détenus, gens croisés chez Emmaüs) un monde à part, universel et intemporel, qui saisit le visiteur par sa vérité et sa profondeur. « Mon travail n'est pas décoratif, ça déstabilise. » • C. P.

Jusqu'au 25 février, les vendredi et samedi de 14 h à 19 h, à Lasécu, 26, rue Bourjembois à Lille. &03 20 47 05 38.

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